Perdu…

Je me suis levé ce matin avec un «ver d’oreille». Oui, oui, ne riez pas, ça s’appelle vraiment comme ça, c’est pénible et ça nous arrive tous de temps en temps. Un ver d’oreille, c’est la petite maudite toune qui joue dans notre tête sans s’arrêter, la toune qu’on arrive à haïr même si c’est un chef-d’œuvre; l’autre jour c’était Bohemian Rhapsody, tsé veux dire…

Ce matin c’était Dolorès de Robert Charlebois. Et tout ce qui me venait en tête était un petit bout du dernier couplet: «Dolorès o toi ma douloureuse, perdu sur la rue Ontario…» Bon vous allez me dire qu’il y a des centaines de façons de se perdre sur la rue Ontario, mais j’y ai vécu 15 ans, c’est pas si pire, comme on dit.

Mais si on le prend littéralement, au pied de la lettre, et qu’on imagine un instant qu’on est rue Ontario, à pied, en vélo ou en bagnole, ou encore n’importe où au Québec, est-il possible de se perdre vraiment? Comprenez-moi bien: pour une fois je ne parle pas du quinzième niveau philosophique du mot «perdre». Non. Se perdre géographiquement, au Québec, est-ce possible? Être sur une route et ne plus du tout savoir où on est?

Ça fait trente-cinq ans que je conduis (voitures, camions, avions) et je ne me suis jamais, JAMAIS perdu plus que cinq minutes au Québec. Le plus dur, c’est dans les petites rues que tu connais pas,  par exemple: « Viens me retrouver coin St-Jude et Du lac ouest…» C’est certain que si t’es pas à Alma, tu vas avoir beaucoup de misère à trouver. Mais en général, sur une grand-route, y’a toujours un panneau qui dit: telle place dans tant de km… Je vous le jure, tentez vous-même l’expérience, c’est strictement impossible de se perdre: tôt ou tard on tombe sur un panneau.

L’idée avec les panneaux, ça serait surtout de ne pas tomber dedans finalement. Puis, à 700 millions, je trouve qu’on se fait mettre pas de vaseline… (s’cusez). Si l’un d’entre vous a le courriel du frisé, dites-lui que mon père a 88 ans et qu’il ne conduit plus. Tiens, je sens un autre ver d’oreille qui monte: La java des bombes atomiques, de Boris Vian. La vie fait bien les choses, tout de même.

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Une réponse à Perdu…

  1. Dafne dit :

    Mon cher Pierre, si j’ai bien comprends (les choses ne sont pas si evidents pour moi et moins en français), tu te plaindres de l’excès de signalisation.
    Mais bon, en étant étrangere, je remercie chaque panneau, chaque coin de rue avec le nom de rue claire, visible et uniforme, et chaque numero de porte affiché. Surtout parce que à Montréal l’est ce n’est pas le est et viceversa et même la position du soleil ments. Ou, quand on monte dans le métro, c’est presque le même son à l’oreille étrangére le champ-de-mars que le place-d’armes, avec le voix de caverne qui leur annonce. Et dans les routes et autopistes, avec tellement de chantiers ou on ne voit pas un seul être humain qui donne l’avis avec une distance prudente, j’aimerais d’avoir une bonne signalisation.
    Je crois que tout depends du point de vue, local ou étrangér.
    Merci, Pierre.

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