Atterrir…

Je ne sais vraiment pas ce qui ce passe avec le pilote en moi, mais, depuis quelques jours, je rate tous mes atterrissages. En fait, rater est un bien gros mot, vous aurez compris que je ne crash pas avion après avion, de toute évidence je ne serais pas ici à vous en parler… Non, c’est juste que je n’aime pas mes atterrissages: il me manque un petit quelques choses, un peu de finesse, de souplesse. Disons que ça rebondit un peu trop mon affaire…

On dirait que j’ai perdu mon expérience. Je descends comme d’habitude, à la même vitesse que d’habitude, je fais mon arrondi au bon moment, mais ça frappe, c’est cahin-caha… Pourtant, j’ai plus de trois cents atterrissages à mon actif, ce n’est pas comme si je débutais, j’ai une certaine expérience et même, dans notre joyeux monde d’aviateurs avec plus de deux cents heures de vol, je dirais une expérience certaine…

Et on dirait que la situation me nargue… C’est comme si j’avais pris un faux pli. Hier, en finale piste 29 à Mascouche, je me suis surpris à penser que j’allais rater mon atterrissage… C’est comme si j’anticipais cet état de fait, comme si une voix dans ma tête me disait que j’allais rater; un léger doute s’installe tout doucement et maintenant, je vis avec cette paranoïa qui me prive de mes moyens… Je n’irai pas voler aujourd’hui. C’est la fatigue, je vais laisser passer du temps et ça va se replacer.

Ça peut être très fort ce pouvoir d’autosuggestion qui nous habite. Mon amie X s’est aussi mise à douter. Au début, elle a commencé à percevoir des sous-entendus dans les conversations, des allusions à son endroit, allusions inexistantes, mais auxquelles elle a tranquillement donné vie. Puis, c’est devenu plus aigu: elle s’est sentie persécutée, elle s’est persuadée qu’il y avait un complot contre elle, que le gouvernement voulait la détruire, que même ses proches étaient contre elle. Sa vie devenant infernale, elle du se rendre à l’évidence qu’elle avait besoin d’aide, d’aide professionnelle, pour réapprendre à atterrir…

Dans le joyeux monde de l’aviation, ont dit que les décollages sont facultatifs, mais que les atterrissages sont obligatoires…Certains atterrissages sont plus difficiles à réussir que d’autres…Dans la vie d’un pilote, il y a de longs moments très banals, ordinaires, entrecoupés par de courts moments de terreur… Imaginez vivre l’inverse…

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4 réponses à Atterrir…

  1. Jean-Guy dit :

    Le pilote en vous à des doutes? Les atterrissages sont de ces moments ou l’on doit retourner sur terre pour ce ressourcer. La façon dont on pilote un avion refléte notre vie en générale. L’atterrissage est toujours une prise de décision. Ne surtout pas mettre en doute ces compétences de pilote, il faut seulement s’assurer d’avoir pris toutes les décisions reliés à notre environnement direct.

  2. maniememistukuhu@hotmail.com dit :

    Je crois que c’est notre état d’esprit qui fait que parfois, nous avons besoin d’avoir les pieds sur terre,,,s’enraciner afin de rétablir notre équilibre,,ça va se replacer comme tu dis, mon ami. (Pour mon français, j’espère que c’est bien écrit.)Bye.

  3. toutuntour dit :

    Vivre l’inverse… j’essaie de me l’imaginer…
    Dans la vie d’une cinéaste, de moments non banaux, extraordinaires, entrecoupés par des moments de bonheur… On dirait que cela fait partie du passé!
    Bonne continuation dans les airs! Fly baby fly! Parce que la réalité est sombre en …. .
    Amicalement,
    L

  4. Marie Néron dit :

    En musique, il arrive parfois, qu’on bloque sur un passage, on bloque une première fois et on reprend et la plupart du tems, ça passe, ça coule et on y pense même plus… Mais, il arrive qu’un passage en particulier, à cause du rythme, d’une certaine note ou simplement, d’un mot, ou même, pour aucune raison particulière, devienne un passage maudit sur lequel on bloque à toutes les fois… on se reprend encore et ça bloque encore, ça devient presque insurmontable, inévitable… On anticipe l’instant, on le voit venir, on ne pense qu’à ce petit bout de toune, cette seconde et c’est inévitable, on se plante encore… Jusqu’à ce qu’on arrive à oublier … la première fois …

    Marie

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