Se taire devant Dieu

Mes mains tremblent. Il m’a fallu cinq bonnes minutes pour reprendre mes esprits et être capable d’écrire. Merci à Josette Bélanger pour le lien. Évidemment, j’ai «déplacé» ce moment ici, dans notre plus-meilleur pays du monde… Ce texte n’est pas de moi. Il traduit bien les propos du chef Muti. Je vous invite à voir l’événement en cliquant sur le lien au bas de la page.

Alors voici:

«Un superbe moment de performance musicale et de révolte culturelle.
Prenez le temps de lire le texte avant de cliquer sur le lien pour
voir la vidéo.
Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.
L’Italie fêtait le 150e anniversaire de sa création et à cette
occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra
le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi,
dirigé par Riccardo Muti.
Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle
évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux
chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En
Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui
dans les années 1840 – époque où l’opéra fut écrit – était opprimé par
l’empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu’à la création de
l’Italie unifiée.
Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté
sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupures dans le
budget de la culture du gouvernement. (Alemanno est un membre du parti
au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi…)
Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus
symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu,
d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la
représentation…
Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d’orchestre, raconte ce
qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a
eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé
l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés
au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère
devenait tendue dans le public.
Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous
sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au
moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait commencer, le
silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la
réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui
chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».
Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains
s’écriaient déjà : « Bis ! » et « Vive l’Italie ! », « Vive Verdi ! »
Des gens du poulailler commencèrent à jeter des papiers avec des
messages patriotiques – certains proposant même « Muti, sénateur à vie
! ».
Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986,
Muti hésitait à accorder le bis pour le Va pensiero. Pour lui, un
opéra doit aller du début à la fin.
– « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait une
intention particulière. », raconte-t-il.
Mais dans le public, se réveillait déjà un sentiment patriotique. Dans
un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné vers le
public (et M. Berlusconi).
Voilà ce qui s’est produit : Après que les appels pour un “bis” du “Va
Pensiero” se soient tus, on entend dans le public : “Longue vie à
l’Italie !”.
Le chef d’orchestre Riccardo Muti :
– « Oui, je suis d’accord avec ça, ‘Longue vie à l’Italie » mais…
[applaudissements]
Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a
beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon
pays. Donc j’accède à votre demande de bis pour le ‘Va Pensiero’. Ce
n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais
parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait ‘O
mon pays, beau et perdu’, j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous
allons tuer la culture sur laquelle est bâtie l’histoire de l’Italie.
Auquel cas, nous, notre patrie serait vraiment ‘belle et perdue’.
[Applaudissements nourris, y compris des artistes sur scène]
Depuis que règne par ici un ‘climat italien’, moi, Muti, je me suis tu
depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant que nos donnions
du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théâtre
de la capitale et avec un chœur qui a chanté magnifiquement et est
magnifiquement accompagné, si vous le voulez bien,
je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble. »
C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves.
– « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est
levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans
l’opéra. » Ce soir-là, fut non seulement une représentation du
Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à
l’attention des politiciens. »
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Un certain arrière goût de vomi…

Je ne me sens pas bien. J’ai des papillons dans le ventre, l’estomac serré et le souffle court, à la manière d’un comédien avant la performance. J’ai le trac quoi. Mais ça va plus loin. J’imagine que c’est ce que ressens la personne qui vient de frapper un enfant avec sa voiture: un malaise profond, l’estomac qui remonte et la certitude que plus rien ne sera pareil, que tout ce qui suivra partira absolument de ce moment, de cette donnée et qu’il n’y a rien que l’on puisse faire pour en changer quoi que ce soit.

On se dira: et si j’avais pris un autre chemin; et si j’avais arrêté de rouler pour une raison ou une autre; et si… rien à y faire, c’est l’inéluctable aboutissement et la mathématique quantique n’y changera rien. Ce qui arrive arrive. Et ensuite on reprend là où on a laissé, avant la fracture, mais les murs ne sont plus de la même couleur et l’air ne goûte plus tout à fait la même chose et les certitudes d’hier sont remises en questions et vite; il faut se trouver un certain équilibre et ne pas tout voir comme un échec sinon à quoi bon la vie, je vous le demande?

«Et si j’avais tourné à gauche plutôt qu’ à droite?» deviendra une ritournelle, celle qui nous permet une déterritorialisation, une épiphanie dans le même monde, mais sur une autre route, avec des nouvelles voyelles et de nouvelles consonnes; s’éloigner du lieu de notre naissance en retrouvant ce même lieu hors monde. En ce qui me concerne, le goût de vomi disparaîtra dans les bras d’une femme qui porte le nom d’une guitare. On me permet ainsi de revivre, de respirer, de trouver de nouveaux repères; réapprendre à marcher prend du temps.

Cet après-midi, j’irai donc voir l’avocate, retiendrai mon souffle et signerai les papiers de divorce…

 

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Sans titre.

Y’a pas à dire, la mort, on ne s’y fait pas. J’ai beau tourner et retourner le problème dans ma tête, m’appuyer sur les expériences vécut durant mon demi-siècle ici-bas, je ne sais toujours pas par quel bout la prendre.

La première rencontre que j’ai faite avec elle remonte à ma tendre enfance: un jeune ami décédé d’une malencontreuse chute dans les escaliers qui lui avait brisé le cou net. Je me souviens du cercueil, de sa doublure blanche en satin, de l’odeur flottant au salon funéraire, de la pâleur du visage de Serge, des éclats de rire fusant par moments; on négocie la peine et la tristesse comme on peut.

Puis les oncles, les tantes, et encore des proches d’amis ou une parente éloignée, avec toujours ce sentiment de ne pas être là, avec le sentiment d’un moment fugace, dont les minutes sont impossibles à retenir, à saisir dans leur plénitude, leur entièreté; un moment que l’on vit en absence d’autres choses, peut-être…

Je me souviens aussi du jeune Palestinien, Ala, qui, mort pour la cause, se faisait enterrer au soleil, dans la poussière et les cris de douleur des pleureuses; la chaleur étouffante du mois d’août palestinien donnant tout son sens à l’empressement musulman de la mise en terre. Toujours, malgré ma présence physique rapprochée, ce sentiment de ne pas y être, de vivre un rêve éveillé…

Et puis, la nuit dernière, usée par une vie passée à se donner aux autres, c’est maman qui est partie. Elle est partie doucement, tranquille, à l’hôpital, entourée des siens. Je m’y préparais depuis un bout, bien instruit de l’éventualité, appuyé sur mon demi-siècle, prêt… Et pourtant me voilà, tout retourné, habité par ce sentiment diffus d’y être sans y être… Y’a pas à dire, la mort, c’est pas fait pour les vivants…

 

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Avoir 50 ans…

La semaine dernière je me suis écroulé sur le trottoir. C’était subit, un peu à la manière d’un coup de poing à l’estomac; je sais de quoi je parle, j’en ai reçu quelques-uns… On marche sur la rue, tranquille et soudain le cœur se met à battre la chamade, hors contrôle, et le monde vacille.

N’importe quel médecin de famille vous expliquera que quand le cœur palpite et tachycarde à 180 battements à la minute, le corps réagit plutôt mal: premièrement, il se passe une importante chute de pression, les artères encaissent mal un important afflue sanguin. Deuxièmement, le corps contracte les vaisseaux pour concentrer le sang aux organes du thorax et au cerveau: les jambes et les bras deviennent froids et mous, il devient difficile de se tenir debout. Assis sur le trottoir, j’attendais, prostré, l’ambulance qui allait m’amener à l’Hôtel-Dieu pour une supervision de quelques heures; mon cœur me joue des tours comme ça, de tant à autre, depuis quelques années…

Je me souviens exactement où j’étais le soir de mes trente ans: assis avec beaucoup de copains dans un bar de la rue Rachel. Je me souviens aussi du sentiment de vastes possibilités qui m’habitait: the sky is the limit… Je me souviens aussi exactement où j’étais le soir de me quarante ans: sur le toit de mon appartement à Bir-Zeit, en Palestine occupée. Je me souviens aussi du sentiment qui m’habitait: le sentiment d’être exactement là où il le fallait au moment même où il le fallait. Le sentiment d’être en parfait contrôle de ma vie, enveloppé d’une plénitude complète…

Aujourd’hui, j’ai cinquante ans. Je suis seul, chez moi, à écrire ce texte. Par choix, je dois le dire, mes meilleurs amis m’ayant invité à sortir. Mais je crois qu’il m’est préférable de vivre seul ce moment et de l’apprivoiser, à la manière d’une pratique, d’une générale de ce qui adviendra un jour ou l’autre; être obligé de s’assoir sur un trottoir force à réfléchir à l’inévitable…

Comment accueillerais-je ma fin? Avec un sourire de compréhension plein de sous-entendus ou en pleurant, tremblant de peur? Seul, sur la rue, dans une chambre d’hôpital, ou encore entouré des miens? Serein et heureux d’une vie comblée et bien remplie ou amère et envieux de plus de temps pour corriger ce que je n’aurais pas réussi à faire une vie durant?

C’est tout de même un peu dérangeant que d’avoir cinquante ans…

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De l’homme et de la bête

J’étais au Jardin botanique avec mon ex (qui n’était pas encore ex , à l’époque…). Alors que nous considérions la vie en générale et notre casse-croute en particulier, nous fûmes surpris par le manège d’un canard se cherchant lui aussi un lunch. Fin pêcheur, il attrapa une perchaude qu’il sortit de l’étang et amena quelques mètres plus loin sur la grève avec l’intention évidente d’en faire son en-cas. Mais notre oiseau se surprit lui-même de la taille de sa prise; tentant de l’avaler à quelques reprises, il du en venir à l’évidence que le poisson était trop gros pour lui… Avec mon ex, nous eûmes le même réflexe: dommage, en voilà un qui crève pour rien. Et bien, je vous le donne en mille, qu’elle ne fut pas notre surprise de voir le canard reprendre délicatement la chose dans son bec et, à notre grand étonnement, le voilà qui rebrousse chemin et s’en va remettre le poisson à l’eau! Drôle d’oiseau que celui-là qui fit preuve de sollicitude…

Qu’est-ce qui distingue l’homme de la bête?  De prime abord on peut penser que c’est l’évidence même, il n’y a qu’à y réfléchir un peu. Voyons: la bête mange, dort, baise et défèque, passons donc rapidement sur ces besoins primaires. Vous me direz: d’accord, mais connait-elle le plaisir, en baisant par exemple? Je vous répondrai sans doute d’aller voir les chimpanzés au zoo…

La bête n’est pas intelligente! Quiconque a un chien, un chat, un cheval (ou à la rigueur un dauphin) sait qu’il y a chez certains animaux une forme d’intelligence qui leur fait apprécier la compagnie, le jeu, les échanges: si un animal n’est pas doté d’intelligence, il ne pourrait donc pas systémiquement s’intégrer à un processus communicationnel donné; j’ai moi-même de longues conversations avec mon chat, portant sur des besoins primaires il va sans dire, mais des échanges tout de même!

L’animal est incapable de gestes nobles, tels le sacrifice ou le don de soi. En fait, très peu d’humains en sont capables, mais, hormis cette boutade, je n’ai qu’à penser à la mère ours qui donne sa vie pour ses enfants devant de féroces prédateurs pour me rendre à l’évidence que même spirituellement, l’humain n’est encore qu’une bête…

La langue française est une merveilleuse invention. Sa richesse est évidente, avec ses quelque 90,000 entrées au dictionnaire. Mais je dois dire que, même en le fouillant consciencieusement, je peine encore à y trouver le mot exact, qui distingue l’homme de la bête…

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Atterrir…

Je ne sais vraiment pas ce qui ce passe avec le pilote en moi, mais, depuis quelques jours, je rate tous mes atterrissages. En fait, rater est un bien gros mot, vous aurez compris que je ne crash pas avion après avion, de toute évidence je ne serais pas ici à vous en parler… Non, c’est juste que je n’aime pas mes atterrissages: il me manque un petit quelques choses, un peu de finesse, de souplesse. Disons que ça rebondit un peu trop mon affaire…

On dirait que j’ai perdu mon expérience. Je descends comme d’habitude, à la même vitesse que d’habitude, je fais mon arrondi au bon moment, mais ça frappe, c’est cahin-caha… Pourtant, j’ai plus de trois cents atterrissages à mon actif, ce n’est pas comme si je débutais, j’ai une certaine expérience et même, dans notre joyeux monde d’aviateurs avec plus de deux cents heures de vol, je dirais une expérience certaine…

Et on dirait que la situation me nargue… C’est comme si j’avais pris un faux pli. Hier, en finale piste 29 à Mascouche, je me suis surpris à penser que j’allais rater mon atterrissage… C’est comme si j’anticipais cet état de fait, comme si une voix dans ma tête me disait que j’allais rater; un léger doute s’installe tout doucement et maintenant, je vis avec cette paranoïa qui me prive de mes moyens… Je n’irai pas voler aujourd’hui. C’est la fatigue, je vais laisser passer du temps et ça va se replacer.

Ça peut être très fort ce pouvoir d’autosuggestion qui nous habite. Mon amie X s’est aussi mise à douter. Au début, elle a commencé à percevoir des sous-entendus dans les conversations, des allusions à son endroit, allusions inexistantes, mais auxquelles elle a tranquillement donné vie. Puis, c’est devenu plus aigu: elle s’est sentie persécutée, elle s’est persuadée qu’il y avait un complot contre elle, que le gouvernement voulait la détruire, que même ses proches étaient contre elle. Sa vie devenant infernale, elle du se rendre à l’évidence qu’elle avait besoin d’aide, d’aide professionnelle, pour réapprendre à atterrir…

Dans le joyeux monde de l’aviation, ont dit que les décollages sont facultatifs, mais que les atterrissages sont obligatoires…Certains atterrissages sont plus difficiles à réussir que d’autres…Dans la vie d’un pilote, il y a de longs moments très banals, ordinaires, entrecoupés par de courts moments de terreur… Imaginez vivre l’inverse…

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Le cru et le cuit

C’est Claude Lévi-Strauss, anthropologue, chercheur et maître à penser de toute une brigade de jeunes chercheurs, anthropologues, sociologues et … cinéastes dont je suis, de toute évidence, qui nous explique que nous sommes non seulement ce que nous mangeons, mais que nous sommes aussi reflet de la manière de ce que nous mangeons. Il utilise donc notre rapport à la nourriture pour expliquer symboliquement notre interaction sociale. Il développe pour ce faire le concept du «triangle culinaire»: il utilise les notions du cru, du cuit et du pourri, pour jeter un regard neuf sur les relations que l’homme entretien avec ses semblables. On aura compris que le cru est près de la nature, de l’individu et de son unicité alors que le cuit est symbolique du feu, d’un rapport de groupe, tribal, grégaire et donc, culturel.

Considérant le cuit, il fera des distinctions entre le rôti et le bouilli, distinctions qui symboliquement, expriment clairement la manière de notre rapport à l’autre: le rôti, c’est le barbecue de l’été, c’est souvent, du moins dans notre société, l’apanage de l’homme, du chasseur, d’un individu qui impressionne la galerie avec le produit de sa chasse; le chasseur, de retour de la boucherie avec quelques gros rib-steaks, se penche au-dessus de son feu en stainless steel, et émerveille la tribu en les invitants à un plaisir qui transgresse presque la notion de groupe: on mange en grognant d’un plaisir à la fois partagé mais aussi individuel, un plaisir qui chatouille du fond des âges notre cerveau reptilien; il reste du cru au centre de ce rôti: qu’on me serve ce steak bien saignant!!!

Le repas bouilli, quant à lui, est une invitation toute maternelle à se rassembler autour de la table et de partager les fruits de la récolte en un moment presque sacré où, non seulement on nourrira le corps, mais l’âme aussi; manger en groupe et échanger sera à ce moment tout aussi important que ce qui a dans l’assiette, c’est un geste culturel, c’est un repas qui uni, qui nous fait prendre conscience de notre appartenance à un groupe, à une famille; cette nourriture fait du bien, on dira de la bouffe de maman

Philippe, le fils de mon ami Daniel, a eu une enfance assez difficile: aux prises avec une maladie qui affecte sa vision, il fût envoyé dans des écoles de rattrapage avec des cas lourds, les agents du système étant de toute évidence incapable de penser hors de la boîte. Philippe s’est forgé tout un caractère; guide de rivière, c’est maintenant un jeune homme dans la fin vingtaine équipé de bonnes valeurs, mais un peu taciturne, un loup solitaire, le genre qui observe sans trop s’ouvrir aux autres. Alors que nous prenions tous place autour d’une même table pour un repas partagé à la fin d’une journée épuisante, une dizaine d’adultes dans la cinquantaine et Philippe, digne représentant de sa génération, le miracle du partage eu lieu, une fois de plus: avant la fin du repas, Philippe s’ouvrit lentement mais sûrement, conversant avec aisance avec des semblables du double de son âge…

Sortez le chaudron et préparez vos sauces, ragoût et spagates: l’automne est à nos portes pour nous rappeler à nos familles, à nos tribus, à notre humanité.

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