Qui du chien ou du maître…

Mon voisin de l’époque avait un chien. Pas un molosse, juste un chien, un bâtard, un chien sans conséquence, quoi. Le voisin, un homme de toute évidence frustré et peureux, inquiet devant l’inconnu et la vie, ne pouvait être serein qu’en position d’autorité; c’était un homme contrôlant et qui aimait contrôler…  Inutile de mentionner que la bête passait, à chaque jour à la même heure, un très mauvais quart d’heure. Le voisin s’ingéniait à lui tomber dessus à bras raccourcis, j’en vins à espérer sa mort tant ce connard la faisait souffrir. Au fil du temps, le voisin transforma la bête en animal mauvais et rancunier; les coups de poing, ça finit par faire mal, c’est ainsi. Arriva ce qui devait arriver: la bête mordit un enfant et on dû l’abattre. Je vous le demande: qui du chien ou du maître fut en cette instance le réel coupable?

On arrête 900 manifestants à Toronto. On utilise des mots tels «dérive», «abus», tout ce qui grouille et scribouille s’insurge contre l’opération. L’affaire est épeurante, j’en conviens, on fait ainsi la preuve de la fragilité de la démocratie, une construction belle, mais instable, à preuve les réponses aux sondages qui frisent l’insouciance: l’indifférence est un mal de vivre…  Même des journalistes se font embarquer; je n’ai pas vécu mieux en Palestine, on est face à un drame Orwellien…

Le fils d’une amie, manifestant écroué, raconte sa mésaventure: insultes et intimidation, menottes aux mains pendant toute l’incarcération, menace de viol et fouille à nu pour les femmes, brassage en règle pour les hommes, le droit commun suspendu, la totale quoi… Évidemment, peu de remous dans le Canada anglais: «… un bon nombre venait du Québec…»*. Retournez donc chez vous, bande de sales nègres canadiens-français, vous ne faites qu’amplifier notre haine à votre endroit… Finalement, un bon Québécois est un Québécois arrêté…That’s it boy… This is WASP land…

Alors quand les chiens de Toronto mordent, il ne faut pas se surprendre. Quand tu fais face à un troupeau de chiens en colère, t’as besoin d’avoir un gros bâton… Ces chiens-là sont entrainés pour mordre, et ils le font. Quand le maître dit aux chiens: «Allez-y!», faut pas être surpris. C’est ainsi. Mais on a le devoir de réagir.

Alors, quand on a abattu le chien du voisin, je lui ai tout de même dit: «…C’est à toi, trou du cul, qu’on devrait mettre une balle dans la tête…»

*Norman Spector, p.C5, Le Devoir, 3 juillet 2010

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Un commentaire pour Qui du chien ou du maître…

  1. Le silence des médias et des politiques est troublant, mais pas très surprenant. Ce qui s’est passé là-bas est très grave, mais ce silence et cette passivité généralisée, ce manque de mobilisation face à nos libertés civiles bafouées, est encore plus grave à mon sens. Le scandale ne vient pas d’un pouvoir de droite fachisant, mais du peuple qui l’a élu. Il faut faire toute la lumière sur cette scandaleuse dérive policière.

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