De l’homme et de la bête

J’étais au Jardin botanique avec mon ex (qui n’était pas encore ex , à l’époque…). Alors que nous considérions la vie en générale et notre casse-croute en particulier, nous fûmes surpris par le manège d’un canard se cherchant lui aussi un lunch. Fin pêcheur, il attrapa une perchaude qu’il sortit de l’étang et amena quelques mètres plus loin sur la grève avec l’intention évidente d’en faire son en-cas. Mais notre oiseau se surprit lui-même de la taille de sa prise; tentant de l’avaler à quelques reprises, il du en venir à l’évidence que le poisson était trop gros pour lui… Avec mon ex, nous eûmes le même réflexe: dommage, en voilà un qui crève pour rien. Et bien, je vous le donne en mille, qu’elle ne fut pas notre surprise de voir le canard reprendre délicatement la chose dans son bec et, à notre grand étonnement, le voilà qui rebrousse chemin et s’en va remettre le poisson à l’eau! Drôle d’oiseau que celui-là qui fit preuve de sollicitude…

Qu’est-ce qui distingue l’homme de la bête?  De prime abord on peut penser que c’est l’évidence même, il n’y a qu’à y réfléchir un peu. Voyons: la bête mange, dort, baise et défèque, passons donc rapidement sur ces besoins primaires. Vous me direz: d’accord, mais connait-elle le plaisir, en baisant par exemple? Je vous répondrai sans doute d’aller voir les chimpanzés au zoo…

La bête n’est pas intelligente! Quiconque a un chien, un chat, un cheval (ou à la rigueur un dauphin) sait qu’il y a chez certains animaux une forme d’intelligence qui leur fait apprécier la compagnie, le jeu, les échanges: si un animal n’est pas doté d’intelligence, il ne pourrait donc pas systémiquement s’intégrer à un processus communicationnel donné; j’ai moi-même de longues conversations avec mon chat, portant sur des besoins primaires il va sans dire, mais des échanges tout de même!

L’animal est incapable de gestes nobles, tels le sacrifice ou le don de soi. En fait, très peu d’humains en sont capables, mais, hormis cette boutade, je n’ai qu’à penser à la mère ours qui donne sa vie pour ses enfants devant de féroces prédateurs pour me rendre à l’évidence que même spirituellement, l’humain n’est encore qu’une bête…

La langue française est une merveilleuse invention. Sa richesse est évidente, avec ses quelque 90,000 entrées au dictionnaire. Mais je dois dire que, même en le fouillant consciencieusement, je peine encore à y trouver le mot exact, qui distingue l’homme de la bête…

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2 commentaires pour De l’homme et de la bête

  1. Lysanne dit :

    Correction au texte:
    Je pense avoir trouver le mot pour décrire une bonne partie de l’humanité, pour ne pas dire l’homme, même si plusieurs d’entre eux font partie de cette humanité…:
    – ignoble!?
    Qu’en penses-tu

  2. Ce qui distingue l’homme de la bête, le langage et le rire.

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